Musō Shinden Ryū Iaido

Iaidō
L’iaidō (居合道) est une voie martiale d’origine japonaise basé sur l’action de dégainer le sabre et de frapper en un seul geste.

Le Iaido moderne est un art martial basé sur un code d’éthique très strict et le contrôle de son corps dans un esprit de non agressivité. Le terme Iaido fait penser à l’harmonie entre l’homme et son environnement. On a l’habitude de dire que le Iaido n’est pas l’art de couper un adversaire qui n’existe pas, mais bien de lutter contre son égo afin d’atteindre la perfection du geste.

Sensei Nakayama Hakudo
Sensei Takeshi Mitsuzuka
Sensei Kaminoda Tsunemori
Sensei Réal Genest
Sensei Réal Genest
Sensei Réal Genest
Sensei Réal Genest et Patrick Weber

Plus exactement, le but est d’exécuter une technique, avant l’adversaire, choisie en fonction du lieu et du contexte de la situation. Tout comme pour les autres budō, cette discipline se focalise principalement sur la perfection des mouvements et la démarche spirituelle (influence du zen), l’efficacité technique, quant à elle, devient de plus en plus importante au fur et à mesure que le pratiquant augmente en expérience.

Le terme iaidō (居合道) est composé de trois kanjis signifiant approximativement : « vivre », « exister » (居, i), « harmonie », « union » (合, ai), « voie » (道, dō).

Iaidō peut donc se traduire par « exister en union avec la voie ». Le préfixe « i » peut aussi être interprété par le chiffre 1, l’unité : « l’unité de la voie et de l’individu ».

L’essentiel de la pratique du iaidō consiste en l’apprentissage et l’exécution de katas (séquences de mouvements précis), s’exécutant la plupart du temps seul et correspondant à un scénario. Ils démarrent soit debout (tachi iai), soit à genoux au sol (seiza), soit dans une position avec un seul genou au sol (tate hiza). Ces formes constituent autant de supports à l’enseignement et permettent la transmission de l’ensemble des techniques d’une école.

Ces katas se composent à la base des quatre mêmes étapes :

  1. Dégainer et première coupe : nukitsuke ou nukiuchi;
  2. Coupe principale : kiri tsuke ou kiri oroshi;
  3. Nettoyer la lame : chiburi;
  4. Remettre la lame au fourreau : notō.

Ces katas doivent être « habités » par le pratiquant, et induisent des notions fondamentales propres à tous les budō :

  • Zanshin : la vigilance active, le ressenti, la perception de l’environnement;
  • Seme : la menace, construction de l’attitude exprimant la capacité de réaction instantanée;
  • Netsuke : le regard global, non focalisé, perception visuelle large;
  • Kokoro : le cœur, l’esprit, l’audace, l’honnêteté, la sincérité (terme difficilement traduisible).

Histoire
Le terme Iaido date du début des années 30 et fut rendu populaire par Nakayama Hakudo Sensei (1869-1958) considéré aussi comme à l’origine de l’école Musō Shinden Ryū.

L’histoire de l’art de dégainer le sabre remonte à l’après quatorzième siècle, époque pendant laquelle des maîtres comme Izasa Ieano, fondateur de l’école Tenshin Shoden Katori Shinto Ryū et ses disciples pratiquaient l’art guerrier du Iai-jutsu utilisant le Katana, sabre long japonais qui se portait à la ceinture, tranchant vers le haut. Mais on s’accorde à considérer que c’est Jinsuke Shinegobu (1546-1621 ?) ou plus précisément Hayashizaki Jinsuke Shinegobu qui est à l’origine du Iaido et des écoles de sabre qui au cours du temps ont abouti à l’école Musō Shinden Ryū.

Peu de choses sont connues sur Jinsuke Shinegobu. Il est né dans la province de Sagami vers le milieu du seizième siècle, à une époque où les guerres étaient incessantes. Il se peut que dans cette atmosphère, il eut un intérêt précoce et compréhensible pour les arts de combat. On raconte que lorsqu’il avait environ vingt-cinq ans, il traversa le village d’Okura, et alla prier la divinité Hayashi Myojin au temple Hayashizaki. Il eut une inspiration divine qui lui permit de concevoir sa propre vision de l’art de dégainer le sabre. On dit que c’est à partir de ce moment qu’il se nomma lui-même Hayashizaki.

Il est plus probable que ce soit au cours de son séjour à Bushu (actuellement la préfecture de Saitama) que Jinsuke Shinegobu élabora son style personnel basé sur la théorie chinoise du Yin et du Yang (In et Yo en japonais) qu’il dénomma initialement Shimei Musō Ryū Batto Jutsu, mais ses élèves et disciples rebaptisèrent son école Shin Musō Hayashizaki Ryū. Les deux noms suggèrent que l’école n’a pu exister qu’à travers une vision divine reçue dans un rêve.

La trace de Jinsuke Shinegobu se perd petit à petit lors de son deuxième tour du Japon. Au vingtième siècle, un temple fut construit en sa mémoire. Les différents Soke (responsable en titre de l’école) diffusèrent l’enseignement de l’école originelle et parfois créèrent leurs propres écoles. Après le décès du onzième Soke, l’école se sépara en deux branches, la branche Shimomura à l’origine de l’école Musō Shinden Ryū, et la branche Tanimura à l’origine de l’école Musō Jikiden Eishin Ryū. C’est le seizième Soke de la branche Shimomura, Nakayama Hakudo qui jeta les bases du Iaido moderne et de l’école qu’il nomma Musō Shinden Ryū moins connue sous le nom de Nakayama Ryū.

Mitsuzuka Sensei a commencé sa formation en Iaido le 1er Mars 1955, sous l’œil vigilant de Sensei Nakayama Hakudo. Nakayama Sensei était âgé de 85 ans à l’époque et ne vivra que trois ans.

Musō Shinden Ryū
L’école Musō Shinden Ryū comporte des techniques pratiquées seul et des techniques pratiquées à deux, les premières étant les plus enseignées. Celles-ci consistent en trois séries : Shoden dont l’origine est l’école Omori Ryū, Chuden dont l’origine est l’école Eishin Ryū et Okuden qui est la série la plus ancienne traditionnellement réservée aux pratiquants confirmés.

La série Shoden se compose de douze mouvements, onze pratiqués à genoux (Seiza) et un pratiqué debout (Tachi Waza) :

  1. Shohatsuto (Mae)
  2. Sato (Hidari)
  3. Uto (Migi)
  4. Atarito (Ushiro)
  5. Inyoshintai (Yaegaki)
  6. Ryuto (Ukenagashi)
  7. Junto (Kaishaku)
  8. Gyakuto (Tsukekomi; Oikiri)
  9. Seichuto (Tsukikage)
  10. Koranto (Oikaze)
  11. Nukiuchi (Batto)
  12. Inyoshintai kaewaza

La série Chuden se compose de dix mouvements pratiqués à genoux, neuf en Tate Hiza et un en Seiza :

  1. Yokogumo
  2. Tora Issoku
  3. Inazuma
  4. Ukigumo
  5. Yamaoroshi
  6. Iwanami
  7. Uroko Gaeshi
  8. Nami Gaeshi
  9. Taki Otoshi
  10. Nuki Uchi

La série Okuden se compose d’un groupe de huit mouvements pratiqués à genoux en Tate Hiza (Suwari Waza) et d’un groupe de dix mouvements pratiqués debout (Tachi Waza) auxquels sont rattachés trois mouvements pratiqués à genoux (Seiza) :

Suwari waza

  1. Kasumi (Mukobarai)
  2. Sunegakoi (Tsuka Dome)
  3. Shihôgiri (Yosumi)
  4. Tozume (Misumi)
  5. Towaki (Mukozume)
  6. Tanashita
  7. Ryozume
  8. Tora Bashiri

Tachi waza

  1. Yukitsure
  2. Tsuredachi
  3. Somakuri (Goho Giri)
  4. Sodome (Hanashi Uchi)
  5. Shinobu (Yoru no Tachi)
  6. Yukichigai
  7. Sodesurigaeshi (Ken no Koto)
  8. Mon Iri (Kakure Sute)
  9. Kabezoi (Hito naka)
  10. Ukenagashi (Yuruminuki)
  11. Oikake Giri
  12. Ryoshi Hikitsure

Seiza

  1. Itomagoi ()
  2. Itomagoi (C)
  3. Itomagoi (Ge)